Charles se présente.
 
 
 

Charles, les gens; les gens, Charles

Le comité de rédaction de Charles

Maintenant que les présentations sont faites, il nous fallait vous offrir une quelconque forme d'explication...

Nous avons cru que Charles allait devoir étaler son âme en page trois de son premier numéro. Plein d'ambiguïté, rien de précis, rien qui réduirait notre liberté de rédaction dans les numéros suivants, mais en même temps, quelque chose qui préparerait les lecteurs au type de n'importe quoi que nous ferions.

Nous savions que nous allions forcément devoir trouver un pourquoi à ce petit journal, même si la réponse à ce pourquoi allait être «n'importe quoi»... Donc, d'une certaine façon, il nous faudrait un manifeste déguisé. Nous aurions à le rédiger habilement, avec doigté… quelque chose d'intelligent et de brutalement hétéro/homogène. Le danger, évidemment, était que ça se transforme en cadavre exquis, style littéraire difficilement lisible pendant plus de cinq phrases...

Mais un pourquoi est-il vraiment nécessaire? Le texte de la page trois, nous disions-nous, pourrait être fait sous une autre forme, en précisant que ce n'est pas un texte d'introduction, mais que bien sûr, s'il y en avait eu un... ça aurait nécessairement été une introduction directe, en conservant un côté résolument vague. Comme si à la question: «Vers où t'en vas-tu?», Charles avait répondu, débordant de confiance et d'assurance: «Par là!», tout en balayant d'un grand geste de son bras tendu l'horizon au complet.

On évoqua l'exemple suivant: lorsque les Vikings s'en allèrent vers le soleil ponant, ils croyaient fermement qu'une fois arrivés au bout, ils tomberaient dans une gigantesque chute d'eau (rappelons-nous que leur monde était plat). Ils le croyaient, mais ils ne le craignaient pas, parce qu'ils considéraient glorieux de se battre contre les monstres, au bas de la chute. Charles irait, et vaincrait. Noble façon d'atteindre le Whallalah...

Il pourrait y avoir un petit bout de cette anti-introduction qui dirait ce que nous ne serons pas, entre autres choses: un magazine de mode, un grand média expansionniste, un journal partisan ou encore fanatique… Et pour le reste, on dirait qu'il faudra simplement marcher droit. Dans quelle direction? Ça demeurerait un grand «par là» mystique... Vers quel objectif? On le verrait quand on y serait parvenu. La quête d'illumination, les amis, ne s'accomplit pas en se donnant des balises, des bouées, un gilet de sauvetage, un sentier pavé ou un mode d'emploi en quatorze langues. Si on veut bâtir de l'authentique Nouveau, avec un N très majuscule, et c'est certainement une partie de nos intentions, on doit simplement faire comme il nous apparaît juste de le faire à l'instant présent, sans l'ombre d'une hésitation, avec en tête une seule chose: Bouddha n'a été qu'un des élus à se rendre au bout du parcours. D'autres peuvent également y parvenir.

Nous serons des Vikings de la plume... ou des moines tibétains en quête de béate rédaction.