Amour.
 
 
 

À l'intention de l'employé des postes
Ode en pièces détachées

Maryse Boyce

Parce qu'on se sent altruiste, au sein de l'équipe de Charles, la décision a été prise de redorer le blason de métiers qu'on juge sous-estimés. Voici le numéro un de cette poignante série.


- Ô doux facteur, ta présence discrète mais bienveillante m'est délicieuse.

- La charmante moustache qui orne ta face me fait sercrètement frémir!

- Tes mollets gracieusement découpés, et timidement dévoilés, m'ont immédiatement conquise.

- Amoureusement, tu connais par coeur le moindre pouce carré de ma boîte aux lettres et c'est tout à ton honneur.

- Tu survis avec droiture à ta difficile situation d'employé fédéral.

- Ton hâle doré, qui malgré son manque flagrant d'uniformité, conquiert lentement mais sûrement mon coeur.

- Ton élégance sans pareil m'épate lorsque, d'un petit bond preste, tu évites adroitement les entre-dalles du trottoir.

- Tu braves jour après jour la sombre menace des chiens dangereux qui te guettent derrière les clôtures.

- Sans discrimination, tu livres avec la même ardeur naïve colis suspects, circulaires, menaces de huissier et poissons morts.

- Facteur, je t'aime.

Dans cette vague déferlante d'amour que Charles espère vous transmettre vis-à-vis les employés de la poste, nous vous suggérons fortement de leur transmettre, vous aussi, les sentiments qui vous animent. C'est rapide (mettons), gratuit (pas besoin de timbre, c'est pour le facteur!) et ça fait tellement plaisir! Charles vous remercie, chers lecteurs, de votre précieuse collaboration. Bon trimestre.