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Divagations
sandwichiennes Maryse Boyce Je me suis récemment plongée à bras raccourcis dans un épineux sujet, les sandwichs. Ça peut sembler bizarre dit comme ça, je vous l'accorde. Mais c'est qu'il faut tenir compte de la relation amour/haine que j'entretiens avec eux. Je ne peux m'en passer, mais je ne les portais pas nécessairement dans mon coeur pour autant jusqu'à tout récemment. Comment en suis-je arrivée là? Peut-être suis-je un être trop sensible, mais probablement par le même cheminement que vous. Comment m'en suis-je sortie? Je vous brosse un portrait. Je mets mon cur à nu Maternelle. Entrée à l'école. C'est le début de l'ère boîte à lunch, do-minée bien entendu par ledit sandwich. Monde nouveau pour moi, que j'accueille avec un mélange de ni chaud ni froid. Ça ne goûte pas mauvais, et ça me permet de me fondre à merveille avec le reste de mes camarades, qui eux aussi dégustent ce pilier du dîner. Pourquoi pas, me dis-je alors. C'est également à cette époque qu'apparaît dans mon registre alimentaire le fameux grilled cheese. J'adore et j'en redemande, c'est l'invasion de mon petit monde qui à peine un an auparavant était sandwich-free. Je suis désormais submergée de toutes parts. Le Sandwich a trois ans pour consolider son emprise sur mon existence puis hop! Je change d'école primaire, dont la cafétéria est dotée d'un four micro-ondes. Relégué au monde sporadique des pique-niques, il prépare dans l'ombre son grand retour. Le secondaire arrive. Je reviens à contrecoeur vers les sandwichs, les quelques fours micro-ondes disponibles pour la masse estu-diantine étant plus que bondés. Pour mes papilles, ma vie se résume à un pâle pain-beurre-jambon-repain, répété à l'infini. Elles s'ennuient à mourir et me supplient de remédier à la situation. Je suis l'une des nombreuses victimes de l'inertie, mais réussis tout de même à leur refiler un brin de salade, rendant leur existence à nouveau tolérable. Je méprise les sandwichs, ils m'empoisonnent la vie. J'en viens qu'à re-douter l'heure du dîner, car même si j'adore manger avec un grand o, il me faut passer par l'inévitable et rien, pas même le chocolat, ne peut compenser cette étape désagréable. La guérison J'interromps ici le récit de ma vie, qui devenait je l'admets de plus en plus pathétique. Je voulais dé-sespérément aimer les sandwichs, plutôt que de réussir à les endurer avec peine. Après tout, ce mets constitue probablement le passage le plus obligé de notre vie, davantage même que les relations amoureuses. Car si on peut choisir de mener son existence dans le célibat le plus complet (mettons), on ne peut vivre sans tremper au moins une fois dans l'univers sandwichien. Tout ce qu'il me fallait au fond, c'était un énorme changement de perspective. M'extirper de ce pattern malsain de relation amour/haine. Métamorphoser les sandwichs dans un élan digne de Filles d'aujourd'hui. Mais comment m'y prendre? Mode d'emploi, en vrac D'abord les ingrédients. Y introduire un souffle de variété. Pourquoi s'arrêter au pain tranché d'abord et avant tout? Une sandwich a bien meilleure mine dans un pain baguette ou encore un ciabatta. Changer de viandes froides. Se précipiter à la charcuterie la plus proche et devenir copain avec le commis. Après tout, le jambon c'est bien, mais tout le reste c'est beaucoup mieux (mis à part le simili-poulet et le baloney, évidemment). Mettre du fromage, en grande quantité. Le diversifier aussi. Se souvenir que les légumes aiment les sandwichs. Profiter de cette affinité incroyable. Finalement, se remémorer l'existence des condiments. Ça change une vie, les condiments. Sans blague. Ne pas avoir peur des combinaisons saugrenues, qui sont la clé. Ne serait-ce que pour pouvoir dire par la suite: «Plus jamais, parbleu!» Ensuite, l'esthétisme. Cet aspect prime. Le sandwich doit être joli et donner le goût de l'engloutir immé-diatement. Si vous êtes capable de faire votre lunch sans prendre une bouchée pour y goûter, c'est soit qu'il n'est pas encore au point ou alors que vous n'êtes pas assez gourmand. Posez-vous des questions dans lun ou lautre des cas. C'est loin d'être tout Le monde du sandwich est grand: le controversé croque-monsieur, le plus que branché panini ou encore le sympathique p'tit-sandwich-pas-d'croûte n'en sont que quelques-uns des éléments qui le peuplent. Peut-être comprenez vous mieux maintenant mon besoin de faire une chronique où le protagoniste sera le sandwich sous toutes ses formes, sans tabous! En bout de ligne, rappelez-vous que les sandwichs ne sont pas que nutritifs: ils constituent une alternative on ne peut plus intéressante à la température en cas de conversation qui ne l'est pas. Pensez-y! |
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